L'Émail

 

L'émail est une substance cristalline très affinée, vitrifiable au feu, et composée d'un mélange de silice, soude, minium, carbonate de potasse et borax. Cet émail est ensuite coloré par adjonction d’oxydes métalliques (par exemple l’oxyde de cobalt permet d’obtenir un émail bleu).

 

Après plusieurs fusions dans un creuset porté à 1400°C on cueille l’émail en fusion à l’aide de grandes louches métalliques.

Le contenu de la louche est versé dans des moules en fonte où l’émail va refroidir lentement donnant ce qu’on appelle des «frittes» d’émail.

Ces «frittes» sont ensuite concassées puis broyées de façon à obtenir une fine poudre (90% de l’émail est utilisé sous forme de poudre).

Depuis 1982 la matière «émail» est protégée par décret:

Décret n°82-223 du 25 février 1982 portant application de la loi du 1er août 1905 sur les fraudes et falsifications en matière de produits ou de services en ce qui concerne l'émail et les produits émaillés ou vitrifiés.

Au  IIIème siècle avant J.C. les Celtes coulent l'émail dans des cavités moulées en creux, sur un support de bronze, première amorce de la technique du champlevé.

Au Xème siècle, le cuivre, moins onéreux, se substitue à l'or auquel resteront fidèles les ateliers orientaux. L'œuvre de Limoges produit en masse des pièces de cuivre champlevé et cloisonné: châsses, reliquaires etc. Les ateliers locaux, stimulés par la renommée de l'abbaye de Saint-Martial, font de Limoges, l'un des foyers principaux de l'émaillerie européenne.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Au XVème et au XVIème siècle, les émaux peints rompent avec les techniques précédentes et s'intègrent au grand mouvement "Renaissance".  Limoges conquiert au XVIème siècle, grâce aux émaux translucides et à la grisaille (technique du «Blanc Limoges»), une place unique en Europe.

 

Parmi les dynasties d'émailleurs limousins, les Pénicaud, les Noailher, les Courteys, les Laudin, il faut citer Léonard Limosin, Maître Peintre Emailleur à la cour du roi François 1er.

 

 

Lalique – Femme Libellule

Au XXème siècle les ateliers parisiens de grands joailliers et orfèvres dont notamment Lalique, jonglent avec les techniques, multipliant objets décoratifs et bijoux.

 

A Limoges, l'émaillerie retrouve une place de 1er ordre grâce aux ateliers Fauré, Léon Jouhaud, Alexandre et Henriette Marty, Charles Peltant, Jules et Robert Sarlandie etc.

 

Si la curiosité vous pousse plus loin vous pouvez trouver de nombreuses œuvres en émail dans les musées comme le musé du B.A.L de Limoges, la Salle Léonard Limosin au Musée du Louvre, Le Musée des Arts Décoratifs à Paris, le Musée de l'Ermitage, le Vatican entre autres.

LE «BLANC LIMOGES» :

Le « blanc limoges » est une poudre d’émail opalescent surbroyé, travaillée sous forme de pâte.

 

Grisaille

Le travail se fait sur une base de métal généralement en cuivre, et quelquefois en or ou en argent. Une fois la plaque prête à recevoir l'émail, on procède à la pose d'un émail foncé. Les cuissons, qui se situent entre 850 et 900°, révèlent les couleurs définitives de l'émail, ainsi que l'intensité de son éclat.

 

Sur cette base émaillée de couleur foncée on modèle le "blanc limoges" à l'aide d'un pinceau et d'une aiguille.

 

On peut ainsi aller des tons de gris les plus foncés au blanc le plus intense et réaliser le sujet dans un camaïeu de gris appelé "grisaille".

 

Plusieurs couches de blanc sont nécessaires (avec une cuisson à chaque couche) pour obtenir un résultat de qualité.

 

AUTRES TECHNIQUES :

 

L’Email cloisonné

Dans la technique de l'émail cloisonné, les contours du motif sont délimités par de minces rubans métalliques (fils d'or ou d’argent) fixés sur la surface à émailler. L'émail est ensuite déposé dans les cavités ainsi formées. Par ponçages successifs, la plaque révèle les rubans métalliques et le dessin en émail.

 

 

L’Email champlevé

Dans le cas d'un émaillage champlevé, le champ défini sur une plaque de métal destinée à recueillir l'émail est creusé par gravure (« enlever le champ »). La plaque peut donc recevoir la matière dans ses alvéoles. L'émail, une fois cuit, est poncé de plus en plus finement ; ce ponçage donnera à la pièce le poli final.

 

 

L’Email Plique-à-jour

La plaque métallique est percée de part en part pour délimiter les surfaces colorées. L’émail est logé dans ces ouvertures et demeure, après cuisson, apparent sur l’endroit et l’envers de la plaque. Une fois poncé et poli, l’effet est comparable à celui du vitrail mais sur des formats beaucoup plus réduits.

Miniatures

Pour les miniatures on emploie un paillon d’argent ou d’or pour réaliser les vêtements et leur donner un éclat chatoyant sous les divers émaux colorés.

On procède ensuite à la réalisation du visage au «blanc limoges».

 

Le « blanc limoges » qui a servi à modeler le visage et les cheveux est ensuite teinté avec des couleurs à peindre (cuisson 500-600°).

 

La finition des miniatures est faite de rehauts d’or fin à peindre avec une dernière cuisson autour de 550°.

De la découpe du cuivre jusqu’à la signature il aura fallu 11 cuissons et prés de 20 opérations pour réaliser une miniature.

 

L'Émail : La matière

L'histoire de l'émail en France

Les techniques

Article 1

Les dénominations Email ou Emaux sont réservées aux produits vitrifiables résultant de la fusion, vitrification ou frittage d'une substance constituée de matières minérales. Ces produits sont destinés à former en une ou plusieurs couches un revêtement vitrifié, fondu à une température [*minimum*] d'au moins 500 °C .../..

”Miniature au Blanc Limoges”

Atelier Chéron - Monture Sandrine Tessier

Miniature réalisée sur un fond en champlevé

Cloisonné  par Henri Cheron

Coquille Saint Jacques émail et or

Châsse émaillée en champlevé de Becket

Léonard Limosin
 Le dauphin François II

”Grisaille au Blanc Limoges”

Atelier Chéron - Monture Sandrine Tessier

CHÉRON